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L'Américain
John Doney, 62 ans, cherche à préserver les
embarcations en bois du Vietnam qui
disparaissent peu à peu, par ces temps de
mécanisation des bateaux de pêche. John
Doney vient de présenter sa collection de
barques vietnamiennes à la 29e édition de la
fête de Port Townsend, une des fêtes les plus
importantes aux États-Unis sur les embarcations
en bois, qui a attiré près de 30.000 amateurs
américains et étrangers. Tous les participants à
la fête ont manifesté leur admiration devant
l'habileté et la créativité des fabricants de
barques vietnamiennes, a raconté John Doney.
Ancien officier de la Marine américaine, en
service au Vietnam de 1966 à 1968, il préside
actuellement le Fonds des embarcations en bois
vietnamiennes à Seattle. En 1999, John Doney
était retourné au Vietnam, dans le cadre du
programme Kid First Vietnam, pour venir en aide
aux enfants handicapés du district de Dông Hà,
province centrale de Quang Tri. Lors de cette
mission, il constata tristement que les
embarcations à voile qu'il trouvait si
magnifiques, comme des dessins de tableaux,
avaient presque disparu, cédant la place à des
bateaux à moteur. Par la suite, il revint au
Vietnam toutes les années, dans le cadre du
programme de charité susmentionné, et décida de
faire quelque chose pour préserver l'histoire
des embarcations en bois, avant leur disparition
inévitable, face au cours du temps.
Des jonques vietnamiennes à
Seattle Grâce au soutien financier de
ses amis, John Doney fit plusieurs voyages,
pénibles, dans les villages de pêche du Vietnam,
rencontra des artisans pour leur demander de
fabriquer des bateaux à fond plat, à dérive,
muni de deux ou trois mâts et gréé de voiles de
toile, ou de natte raidie par des lattes en
bambou, qui servaient à la pêche. Il les a
emportés dans son pays natal pour les y
exposer. Il a demandé aux habitants de Dông
Hà de confectionner une jonque pour l'envoyer
aux États-Unis. À ses yeux, ce type de jonque
avec des planches plaquées est l'une des plus
rares dans le monde. "En plus, les bateaux en
bois de Huê sont les meilleurs du monde" a-t-il
estimé. Nous devons fabriquer plusieurs autres
modèles de ce type avant leur disparition et
l'adieu au monde des artisans emportant avec eux
les clefs de la fabrication des jonques. D'après
John Doney, les embarcations en bois au Vietnam
sont très originales. Une passion sans
limite John Doney ne manque pas de projets.
Il ambitionne d'avoir une jonque ayant la voile
originaire de Dà Nang, qu'il considère comme
étant la plus rapide du Vietnam. Ce fan des
bateaux en bois est aussi à la recherche du
livre en français Voiliers d'Indochine de J. B.
Pietri, décrivant les divers types de bateaux au
Vietnam, dans le but de le traduire en anglais
et en vietnamien pour que les intéressés
puissent partager sa passion. Selon John Doney,
les bateaux portent en eux toute une époque
historique. Dans ce contexte, un programme
devrait être lancé pour préserver les modèles et
leurs techniques de
fabrication. Heureusement, la femme de John
Doney partage sa passion si originale. À côté de
sa femme, ses amis et de nombreuses
organisations non gouvernementales, comme Kid
First Vietnam, Peace Tree Vietnam et Clear Path
International, le soutiennent. "Bien sûr, j'aime
aussi les bateaux de plusieurs autres pays mais
je n'ai assez de temps que pour concentrer ma
passion sur un seul pays. Et je crois que les
bateaux vietnamiens sont les plus importants à
préserver avant qu'il ne soit trop tard", a-t-il
conclu. Thu Trang/CVN ( 18/12/05
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